INTERLIGNE
Karen Muller est la 20ème artiste à participer au programme de Residences croisées Alsace, France/Lac Saint-Jean, Québec de l’Agence culturelle d’Alsace/Frac Alsace et Langage Plus. Noémie Payant-Hébert |
Lignes d'horizon ARTICLE - 4 juin 2009 Vingtième artiste invitée dans le cadre du programme de résidences croisées de Langage Plus, Karen Muller est aussi la plus jeune à en avoir profité. Regard sur une belle partance. Bien sûr, le centre d'artistes Langage Plus est un peu bric-à-brac en ce moment, en raison des infiltrations d'eau qui ont nui à ses plus récentes activités - le purgatoire serait toutefois sur le point de se terminer, selon les dires de la directrice, Jocelyne Fortin, qui viendrait de recevoir d'excellentes nouvelles pour le financement des rénovations de l'immeuble. Lien : http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=6§ion=20&article=64859 |
DNSEP, 2006 École régionale des beaux arts de Valence Karen Muller produit des images. Encore des images ? Plus exactement elle met au point des protocoles destinés à produire des images qui sont le prolongement de son regard attiré par des manifestations lumineuses éphémères ; ainsi, “une pression légère exercée sur les paupières par les paumes des mains permets de faire apparaître des images en noir et blanc, entre la paupière et le globe oculaire”. Tout l’enjeu est de fixer cette céléritée. Ainsi, que ce soit la video, la photographie, la sérigraphie ou la peinture, Karen Muller explore sciemment les potentialités de chaque technique. Par les propriétés spécifiques de chacun des medias se mettent en place des images aux limites de la visibilité et de la lisibilité. Par exemple, la photographie fait perdurer la fugacité d’un éclair; la video montre des configurations lumineuses, les poussières qui volettent devant le faisceau d’un projecteur…; la sérigraphie dévoile des moires de tulle ; la toile cirée, support de peinture et source d’électricité statique, attire la couleur sans que le pinceau ne la touche. Karen Muller explore donc les possibles de chacun des medias pour les mettre dans une situation où ils généreraient leurs propres images. La radicalité de ces images du “presque rien” atteint son paroxysme lorsque la camera numérique, filmant avec le cache, créée deux pixels qui se mettent en mouvement. L’image n’est plus l’apanage de l’artiste. Elle n’est plus non plus le fantasme de son consommateur. Elle appartient à son producteur : le medium.
Source : Semaine 22.07 |